Cette année, Natexpo inaugure une nouvelle série de contenus. Son objectif : donner la parole à des experts du secteur bio, des professionnels qui observent l’évolution du marché depuis de nombreuses années et qui ont des insights précieux à partager.

Ce mois-ci, nous recevons Guillaume Fiévet, Président de la Commission Bio de la FEEF et Président de la Savonnerie du Midi.

Guillaume Fiévet, vous êtes Président de la Commission Bio de la FEEF et Président de la Savonnerie du Midi. Quel est votre parcours en quelques mots ?

Je suis dirigeant engagé depuis plusieurs années dans l’univers des PME et de l’industrie française. Aujourd’hui, je dirige notre PME familiale, PRODEF dont la Savonnerie du Midi est l’un des sites de production. La Savonnerie du Midi est une entreprise marseillaise qui perpétue un savoir-faire historique autour du savon et notamment du savon de Marseille, avec la marque La Corvette. 

Mon parcours m’a amené à travailler sur des sujets liés à la valorisation des savoir-faire industriels français, la naturalité des produits et le développement de filières plus responsables. Ce sont des thématiques qui font écho aux attentes croissantes des consommateurs.

En parallèle, nous avons rejoint la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF) il y a de nombreuses années. J’y préside aujourd’hui la Commission Bio. Cette mission permet de porter la voix des PME et ETI engagées dans le bio, et de contribuer aux réflexions sur l’avenir de ce secteur.

Guillaume Fiévet- portrait

Après plusieurs années de tension, le marché bio montre des signes de reprise. Comment interprétez-vous ce nouvel élan ?

Le marché bio a effectivement traversé une période complexe ces dernières années, marquée par un contexte inflationniste et une évolution des arbitrages de consommation.
Aujourd’hui, on observe un retour progressif de la confiance. Les consommateurs restent profondément attachés aux valeurs portées par le bio : transparence, qualité des ingrédients, respect de l’environnement et de la santé.
Ce nouvel élan montre que le bio n’était pas une tendance passagère mais un mouvement de fond. La phase que nous avons traversée ressemble davantage à une période d’ajustement du marché.
L’enjeu désormais est de continuer à rendre le bio accessible, lisible et crédible, en s’appuyant sur des produits qui apportent une vraie valeur ajoutée et sur des entreprises engagées dans la durée.

 

Comment se traduit cet élan auprès des PME-ETI bio adhérents à la FEEF ?

Pour les PME et ETI bio adhérentes de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France, cette reprise se traduit par un regain d’optimisme et de dynamisme, même si la prudence reste de mise.
Ces entreprises ont souvent une culture forte de l’innovation et de l’engagement, et elles continuent d’investir dans le développement de nouvelles offres, dans l’amélioration des formulations ou encore dans des démarches de durabilité.
On constate également une volonté de mieux valoriser les spécificités du bio, notamment la qualité des ingrédients, la traçabilité et les impacts positifs sur les filières agricoles et industrielles.
Les PME jouent un rôle clé dans cet écosystème : elles sont souvent agiles, proches des attentes des consommateurs et capables de porter des projets engagés, ce qui contribue à redynamiser le marché.

 

⁠De quels leviers dispose la FEEF pour aider les entrepreneurs à tirer leur épingle du jeu ?

La Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France joue un rôle essentiel pour accompagner les PME et ETI dans un environnement économique de plus en plus complexe.
Son premier levier est la représentation et la défense des intérêts des entreprises indépendantes auprès des distributeurs, des pouvoirs publics et des différentes instances de la filière. C’est un point crucial pour permettre aux PME de faire entendre leur voix dans un marché souvent dominé par de grands groupes.
La FEEF agit également comme un véritable réseau d’échanges et de partage d’expériences entre dirigeants. Les commissions thématiques, comme la Commission Bio, permettent de travailler collectivement sur les enjeux du secteur, d’anticiper les évolutions du marché et de partager les bonnes pratiques.
Enfin, la fédération accompagne très concrètement les entreprises à travers des outils, des formations et des initiatives favorisant les relations avec la distribution, notamment pour faciliter l’accès au marché et valoriser les innovations des PME.
Dans un contexte en mutation, cette dynamique collective est un atout majeur pour permettre aux entrepreneurs de rester agiles, d’innover et de continuer à se développer.

Pour finir, un talent caché ou une passion méconnue à partager avec nous ?

En dehors de mon activité professionnelle, j’ai toujours été très attaché à la mer. J’ai notamment eu l’occasion d’être moniteur à l’école de voile des Glénans, une expérience très formatrice qui m’a appris le sens de la transmission, de la rigueur et du collectif.
La navigation reste aujourd’hui une véritable passion. Le bateau est pour moi un moment de liberté mais aussi un excellent terrain d’apprentissage : en mer comme en entreprise, il faut savoir anticiper, s’adapter aux conditions et garder le cap.
Par ailleurs, je suis également réserviste citoyen au sein de la Marine Nationale, un engagement qui me tient particulièrement à cœur car j’avais fait mon service militaire sur un patrouilleur de la Marine, avec des premières responsabilités de management importates à cet âge-là. Cela permet de rester connecté à des valeurs fortes comme le service, l’engagement et l’esprit d’équipe.

 

Merci Guillaume Fiévet !