Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’IFOAM ? 

L’IFOAM EU est l’organisme cadre pour l’alimentation et l’agriculture bio, défendant un système écologique, social et économique basé sur les principes de l’agriculture biologique – santé, écologie, éthique. Nous représentons plus de 210 membres dans l’Europe des 28, pays membres de l’Union Européenne et de l’Association européenne de libre-échange. Nos membres rassemblent l’intégralité de la filière alimentation bio, et au-delà : agriculteurs, transformateurs, distributeurs, certificateurs et chercheurs au sein d’organismes de défense des consommateurs et de l’environnement.

 

Selon vous, quelles sont les principaux enjeux auxquels les transformateurs bio font face aujourd’hui ?

L’IFOAM EU encourage les agriculteurs bio, transformateurs, distributeurs et certificateurs à faire part de leurs idées et de leurs inquiétudes. Nous faisons en sorte qu’ils aient tous l’espace suffisant pour donner leur avis sur des sujets inhérents à leurs besoins. Nous rendons cela concret via l’organisation de groupes d’intérêt pour les transformateurs (IGOP) (2006), agriculteurs (2012), distributeurs spécialisés (2018) et certification et intégrité (2019). Il ressort de ces forums que les transformateurs bio font face à de nombreux enjeux, en particulier avec la législation européenne et, plus récemment, avec la réglementation bio européenne.

En 2014, la Commission Européenne a proposé un nouveau règlement bio. Il contenait plusieurs éléments qui pouvaient affecter directement les transformateurs bio, par exemple l’obligation pour tous les distributeurs qui vendent des produits bio d’être certifiés. Même ceux qui vendent des produits déjà emballés. L’IFOAM EU a pris part à un long processus de négociation pour défendre les intérêts du secteur de la bio, et a réussi à faire retirer les parties problématiques de la règlementation proposée, comme cette obligation pour les distributeurs. La nouvelle règlementation bio, Regulation (EU) 2018/848 sur la production bio et l’étiquetage des produits bio, a été publiée le 14 juin 2018 et sera appliquée au 1er janvier 2021.

Cette nouvelle règlementation n’est pas une révolution, mais elle va apporter des changements qui vont impacter les consommateurs, les agriculteurs bio, les certificateurs ainsi que les transformateurs bio. Par exemple, le nouveau règlement restreint l’emploi d’arômes naturels, pour le citron par exemple, seul « un arôme citron naturel » sera autorisé. Cela signifie que l’arôme doit être obtenu à partir d’au moins 95% de citron. D’autres règles seront aussi mises en place dans les prochains mois et dans les prochaines années, en appliquant des accords sur la règlementation bio, comme des règles sur la production animale, spécifiant les techniques autorisées de production alimentaire, et établissant une liste restrictive pour le nettoyage et la désinfection des produits qui n’existe pas aujourd’hui. De plus, une règlementation bio sur le sel, qui n’existait pas jusqu’à aujourd’hui, est en cours de discussion.

En 2017, nous avons formulé l’inquiétude grandissante autour des changements proposés sur les régimes d’importation, et le fait que cela allait introduire un système à deux vitesses et complexifier la structure harmonieuse actuelle. Le nouveau règlement formule deux systèmes pour importer des produits bio d’en-dehors de l’Union Européenne :

  • Un système basé sur des accords marchands plutôt que sur la notion équivalence : tous les pays tiers qui sont actuellement reconnus comme équivalent vont devoir renégocier les termes de leurs accords sous l’égide de la nouvelle procédure européenne. Le système actuel reconnait 13 pays dans ce cas : Argentine, Australie, Canada, Chili, Costa Rica, Inde, Israël, Japon, République de Corée, Suisse, Tunisie, États-Unis et Nouvelle-Zélande ;
  • Un système basé sur les certificateurs : lorsqu’il n’existe pas d’accord marchand, la Commission établira une liste d’organismes de certification qui seront autorisés à exercer des contrôles et certifications dans ces pays tiers. La régulation européenne sera appliquée de façon identique au sein de l’Union Européenne et en-dehors. Une certaine flexibilité sera accordée pour l’utilisation de produits protégeant les cultures et/ou fertiliseur utilisés traditionnellement dans ces pays.

L’IFOAM EU participe à Natexpo depuis 2013. Qu’est-ce que représente le salon pour vous, et pour les professionnels que vous représentez ?

La France a observé la plus forte croissance en ventes de produits bio parmi les pays européens entre 2016 et 2017, d’après « The World of Organic Agriculture 2019 ». Cela confirme une fois de plus la place de la France comme acteur majeur au sein du secteur de la bio.

Natexpo apporte à ce marché en pleine croissance et aux entreprises qui y évoluent une plateforme d’échange et de développement pour ce secteur unique. Cet espace permet à l’IFOAM EU de partager des connaissances et de garder l’œil ouvert sur le marché français. En tant qu’organisme cadre européenne pour la bio en Europe, c’est important pour nous de comprendre l’évolution du marché français, et des entreprises qui y évoluent. Nous sommes heureux et impatients d’échanger avec eux sur le sujet de la règlementation européennes et de l’évolution des politiques qui impactent leurs activités.

Natexpo étant la référence en matière de salon bio, c’est un honneur pour l’IFOAM EU de continuer d’être présents, et ce depuis 2013.

Comment l’IFOAM EU va contribuer à Natexpo 2019? 

Cette année, nous organisons le rendez-vous bi-annuel de notre groupe d’intérêt des distributeurs bio (IGOR) à Paris, en même temps que Natexpo. Cela va donner à nos membres l’opportunité de participer à ce salon majeur. Deux membres de notre équipe vont aussi visiter Natexpo. Ils sont impatients de créer du lien avec les exposants, les visiteurs, ainsi que les autres partenaires de Natexpo.

 

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