PDG Société Ballot-Flurin
“Je n’ai qu’un leitmotiv : faire et se concentrer sur le présent en positivant sur l’avenir. “

catherineballot-flurin

Vous avez construit un nouveau bâtiment bioclimatique en 2007. 25 ans après la création de votre entreprise. Pourquoi ?

C.B.F:  Notre site est bioclimatique depuis le début. Lorsqu’à l’époque nous avons construit notre galerie laboratoire avec ses panneaux voltaïques et son système d’assainissement naturel nous étions très en avance sur notre temps. En créant ce nouveau bâtiment en bois pour le stockage de nos produits finis, nous allons au-delà d’une simple logique de responsabilité environnementale. Nous reprenons ce que les Anciens nous ont appris en respectant les grands principes de la géobiologie basée sur les équinoxes et les solstices. Ce bâtiment en bois à l’architecture très simple garantit une température constante, sans surchauffe, été comme hiver avec des ouvertures qui s’ouvrent selon le parcours du soleil.

Quel coût, quelles contraintes cela a-t-il entrainé pour vous ?

C.B.F: Cela ne se pose pas en termes de coût. Le respect de l’environnement et de la nature est notre raison d’être, notre vision, notre passion et notre conviction et en fin de compte notre manière de faire. Nous voulons que nos abeilles soient heureuses, nous faisons tout pour cela. Nous travaillons surtout en agroforesterie avec des nouvelles ruches en bois polarisé et des plantations et des semis favorables au travail des abeilles toute l’année.

Cela vous semble t-il inconcevable de produire des produits bio avec un site conventionnel ?

C.B.F: Oui totalement. Au démarrage de notre activité, la communauté de communes nous a proposé un site «magnifique » en zone industrielle, complètement aménagé. Elle ne comprenait pas alors que nous refusions cette proposition intéressante et trouvait bien incongrue notre volonté d’installer notre miellerie en pleine campagne.

Toutes les entreprises de production biologique ou écologique n’ont pas forcément de site aussi écologique que le vôtre même si elles sont bien évidemment plus vigilantes que d’autres. Faudrait une règlementation, un code, un cahier des charges strict ?

C.B.F: Je suis une actrice active et positive de la réglementation et suis actuellement engagée auprès de l’Afnor dans la réglementation de la gelée royale afin d’imposer une plus grande transparence aux pays asiatiques. Il y a 25 ans il n’y avait aucune règle et j’ai été invitée à prendre part à la rédaction de différents cahiers des charges. Ceci étant, je pense que l’exemple concret est plus efficace qu’une réglementation contraignante. C’est à nous qui sommes en avance, à apporter l’aide dont ont besoin ceux qui veulent comme nous s’engager dans une production responsable.

Beaucoup d’entreprises ‘conventionnelles’ prennent conscience de l’urgence à mettre en place une politique d’engagement social responsable ? Pensez vous que les choses évoluent vite ?

C.B.F: Oui, les choses évoluent vite et tant mieux car il y a une véritable urgence planétaire. Des étapes malheureusement fortes comme le tsunami qui vient de secouer le Japon font avancer les choses plus vite encore car on est alors bien obligé alors de se poser des questions et réfléchir à l’avenir.

Quelle politique incitative peut entraîner notre système de production dans une démarche sociale responsable ?

C.B.F: Je n’ai qu’un leitmotiv : faire et se concentrer sur le présent en positivant sur l’avenir. Cette vision positive de l’avenir est essentielle pour continuer à avancer vite. L’annonce de catastrophe irréversible est tout simplement ridicule.

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